Grossesse & bébés

Accouchement à l’étranger et césarienne

taux cesarienne etranger

Le taux de césarienne dans le monde est un sujet assez polémique. Il peut être très variable en fonction du continent, du pays, de la région, de l’hôpital, et même du médecin. Pourquoi tant de variation alors que la physiologie humaine est universelle ? La culture ? L’argent que cela rapporte ?  La pression des médecins ? … ou même plus rarement mais réelle dans certains pays la pression des mamans ? Quand je lis que le taux de césarienne est de 3-4% pour les mamans qui accouchent à la maison, cela me pose question.

En France, le taux moyen de césarienne est de 20,2% (1). Depuis quelques années, il a tendance à diminuer, ce qui est bon signe. Quand on s’expatrie, il n’est pas rare d’arriver dans un pays où le taux de césarienne est plus haut que chez soi, ce qui peut faire très peur. Le Brésil, par exemple, a un des taux de césarienne le plus haut dans le monde (2). Là-bas, une maman sur deux accouche par césarienne (85% dans les hôpitaux privés et 45% dans les hôpitaux publics). Aux USA, le taux moyen est de 32,2% (3) et l’Afrique a le taux de césarienne le plus bas (3). En Asie, les taux de césarienne fluctuent énormément en fonction du niveau de développement des pays et de l’accessibilité aux soins. Il est haut en Thaïlande notamment (36%) et on estime qu’aujourd’hui, presque un Chinois sur deux nait par césarienne.

La césarienne sauve des vies et peut-être incontournable. Lorsque la césarienne est utilisée à bon escient, elle est alors bénéfique pour la maman et le bébé. L’OMS explique qu’au-delà d’un taux moyen de césarienne de 10%, il n’y a plus de réduction de mortalité maternelle et néonatales.

Les indications absolues pour une césarienne programmées sont une anomalie du placenta et l’infection par le virus du sida dans le 3ème trimestre ou avec un taux viral très important (4). Mais il y a également les césariennes qui doivent être faites en urgence : par exemple lorsque le bébé est en souffrance fœtale pour diverses raisons, en cas de procidence du cordon ou de dystocie (difficulté mécanique) d’origine maternelle ou fœtale ou en cas d’échec de déclenchement.

Il existe toute une série d’indications (5) dont les médecins se servent pour justifier des césariennes et qui mettent la pression sur les mamans. Je le rappelle ici, les indications que je vais citer sont relatives, donc pas nécessaire d’’emblées, et dans beaucoup de cas, il n’est en fait pas nécessaire de faire une césarienne: un bébé en siège, une maman qui a déjà eu 1 ou 2 césariennes, si le premier jumeau n’est pas en position céphalique, la peur dans certains pays d’avoir un accouchement par voie basse, un petit bassin. A savoir que selon des études scientifiques (6), la pelvimétrie (mesure du bassin chez la maman) n’est pas un bon outil pour décider ou non d’une césarienne. Elle est en effet quelque peu imprécise et permet plutôt d’informer la patiente sur les chances de réussite d’un accouchement par voie basse.

 

En expatriation, comment savoir si votre médecin est un pro de la césarienne ou un pro de l’accouchement naturel ?

  • Commencez par vous renseigner sur le taux de césarienne dans votre pays d’accueil. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) renseigne facilement ce genre d’information.
  • Faites jouer votre réseau d’expat pour entendre les expériences des unes et des autres.
  • Tâtez le terrain lors de votre première consultation en lui demandant quelle est sa philosophie sur le cas pratique de la césarienne ou tout simplement demandez-lui directement quel est son taux de césarienne.
  • Recherchez les statistiques sur internet du taux de césarienne de l’établissement dans lequel vous allez accoucher.
  • Demandez lui directement quelle est sa position en cas d’accouchement en siège ?
  • Et s’il accouche par voie base des jumeaux/elles ?
  • Et puis, si césarienne il doit y avoir, renseignez-vous en amont sur le déroulement des opérations : votre conjoint peut-il être avec vous ? Votre bébé peut-il vous accompagner en salle de réveil ? Pouvez-vous bénéficier d’un premier peau à peau avec votre bébé directement à la délivrance ? Quel est le temps de séjour à l’hôpital?

 

La césarienne a certes sauvé beaucoup de vies depuis qu’elle existe. Il faut bien entendu le rappeler et insister sur ce fait très important. Mais attention aux dérives qu’elle peut entrainer d’un pays à l’autre. Elle devient parfois une solution de facilité (possibilité de la programmer et de s’organiser pour la Maman comme pour le médecin, temps de travail ‘’maitrisé’’ pour chacun d’entre eux, pas d’accident de parcours à devoir gérer…). Certaines femmes pensent même que c’est une solution plus propre, qui fait moins mal (les malheureuses !!) et plus ‘’digne’’… Bien informée sur le sujet, si vous le pouvez, évitez la césarienne et privilégiez une naissance naturelle pour votre enfant. A moins que, comme Victoria Beckham ou Britney Spears, vous ne soyez ‘’too posh to push’’ ?… 😉

Caroline de Ville, spécialisée dans l’accompagnement des (futures) mamans qui souhaitent un allaitement doux et serein, médecin généraliste spécialisée dans la petite enfance et certifié comme conseillère en allaitement par l’IBCLC.

www.auseinendouceur.com

https://www.facebook.com/auseinendouceur/

 

Références:

  1. Statistique annuelle des établissements de santé (SAE)
  2. Statistiques de l’OMS
  3. Center for disease controle and prevention CDC
  4. guideline Césarienne-SGGG: société suisse de gynécologie et d’obstétrique
  5. Société suisse de gynécologie et obstétrique
  6. PubMed 16602841 Sibony O, Alran S, Oury JF. Vaginal birth after cesarean section: X-ray pelvimetry at term is informative. J Perinat Med. 2006;34(3):212-5.

 

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