Grossesse & bébés

Accouchement à l’étranger: faire appel à une doula

doula etranger

Le mot “Doula” vient du grec “doulo” qui signifique esclave-servante. Dans la Grèce antique, une doula était un servante qui s’occupait des tâches de la maison, et en particulier de sa maitresse. Aujourd’hui, le terme désigne une femme qui accompagne une future mère pendant sa grossesse et l’assiste à la naissance.

Ce “nouveau” métier est apparu dans les années 80 aux États-Unis. Il a été encouragé par de nombreuses études scientifiques prouvant à l’unaminité les bénéfices pour la maman et pour le bébé d’être suivis par une doula. La première association de doula “DONA” est fondée outre-Atlantique en 1993. Elle se nomme maintenant “DONA’’ international car a été rejointe par des membres venant de tous horizons. Cette association est à l’origine de la création d’autres associations aux USA, au Canada, dans les pays Européens dans quelques pays d’Asie et d’Amérique Latine.

 

Le statut de la doula

Si le métier de doula est aujourd’hui largement reconnu, il n’existe pas de formations ou diplômes qui puissent valoir dans tous les pays du monde. Une doula n’a pas de fonction médicale, elle n’est pas thérapeute. Il s’agit donc d’un accompagnement non-médical à faire en parallèle du suivi de grossesse par votre médecin et/ou votre sage-femme. Lors de l’accouchement, la doula les assiste mais ne peut en aucun cas prendre leur place.

 

Quels sont les bienfaits d’avoir une doula?

La doula a un rôle à la fois d’écoute, d’empathie, d’information, de soutien moral et physique dans l’accompagnement des futures parents, pendant la grossesse, lors de l’accouchement et lors de la suite des couches. Lors de l’accouchement, la doula aura un rôle de soutien et de gardienne de la physiologie de l’accouchement. Après l’accouchement, la maman rentrée à la maison avec bébé pourra bénéficier de visites à domicile afin de recevoir de l’aide, des conseils et de l’écoute. La doula pourra l’aider à donner un premier bain, à démarrer son allaitement, à l’informer sur le portage physiologique en écharpe, aux soins du bébé et de la maman. Elle aura un impact positif sur l’entièreté de la famille (père-mère-bébé-fratrie). Elle sera votre conseillère pour tout ce qui touche la périnatalité.

Les études scientifiques ont prouvé qu’un accompagnement par une doula réduit le pourcentage de césarienne, de péridurale, d’instrumentation à la naissance (par forceps par exemple). Grâce à son encadrement et son soutien auprès de la maman pendant le travail de l’accouchement, le temps de celui-ci sera réduit. Un accompagnement après la naissance par une doula permet également de réduire le risque de dépression postnatale.

 

Comment se déroule un suivi avec une doula?

Il existe beaucoup de formules possibles. Certaines doulas consultent en cabinet privé, d’autres viennent à la maison des parents. Votre doula pourra être présente à l’hopital, en maison de naissance ou chez vous à la maison. En fonction des pays, elle pourra être présente ou non en salle d’accouchement. Pour la majorité des pays, il s’agit encore d’un service privé, non ou peu remboursé. De plus en plus, les associations de doula essayent d’optenir la reconnaissance et les remboursements de leurs prestations. Mais comme pour tout changement, les mentalités évoluent doucement et cela prend du temps. Le prix varie donc très fort d’une doula à l’autre et du “package” que vous aurez convenu avec elle.

 

Pourquoi penser à une doula en expatriation?

Déjà, dans nos pays d’origines, les gynécologues ont parfois peu de temps pour aborder les questions et peurs des parents et pour leur expliquer tout ce qu’ils peuvent mettre en place pour favoriser un accouchement naturel. En expatriation, les questions et les peurs prennent plus d’ampleur, et la communication obstétricien/parent est parfois très compliquée. Il peut être très interessant de faire appel à une doula qui contrairement à certains obstétriciens prendra le temps de vous connaitre, de préparer votre naissance idéale et de vous aider à mettre toutes les chances de votre côté pour y arriver.

Dans certains pays, les expatrié(e)s de profession médicale (notamment sages-femmes, infirmières voir même médecins) ont une interdiction totale d’exercer. De plus en plus, ces professionnel(le)s se tournent vers le métier de doula, qui n’est pas reconnu comme une réelle profession médicale. Souvent passionnées par leur métier et très heureuses d’avoir réussi à trouver un moyen de continuer, d’une autre manière, à exercer une activité professionnelle, ces doulas sont très à l’écoute de leurs patientes. Également, elles connaissent bien les communautés expatriées et sont à même de comprendre les peurs et questions d’une future mère qui va accoucher pour la première fois de sa vie à des milliers de kilomètres de son pays natal. Enfin, un autre avantage non anecdotique est le fait de pouvoir (si vous avez de la chance) trouver une doula francophone dans votre pays d’accueil.

Enfin, nous en avons déjà parlé (lien), dans certains pays, la pratique de la césarienne ne cesse de se développer et les médecins affichent des taux qui peuvent faire peur. Si dans votre pays d’accueil, les obstétriciens ont la réputation de procéder à beaucoup de césariennes car ‘’cela va plus vite’’, ‘’cela rapporte plus’’ (Brésil, Thaïlande…), les doulas (qui, pour 100% d’entre elles sont favorables à des naissances les plus naturelles possibles) peuvent être les meilleurs garde-fous contre ces dérives.

La doula prendra le temps de répondre à toutes vos questions et d’écouter vos peurs. Elle fera le relais entre le médecin et vos envies le jour J. Elle sera la gardienne de votre projet de naissance.

Une fois rentré à la maison, en tant qu’expatrié, la famille est loin et l’aide à la maison n’est pas aussi efficace que vous étiez dans votre pays. La encore, une doula peut-être bien utile: vous aider à donner le premier bain à bébé à la maison, vous aider dans un tas de petits trucs et astuces pour les soins de bébés…

 

Comment trouver sa doula?

La première des choses à faire avant de se mettre en quête d’une doula est de demander à l’hopital, ou (encore mieux) à l’obstétricien qui devrait vous suivre s’il accepte qu’une doula soit présente le jour de l’accouchement et, si oui, s’il peut vous en recommander.

Ensuite, sans recommandations de votre médecin, trouver une doula qui vous convient est un petit peu le même combat que de trouver un bon docteur. Ici, la tâche est peut être un petit peu plus compliquée car les formations des unes et des autres peuvent différer fortement. Certaines sont doulas, d’autres sont doulas et sages-femmes… Les formations sont également différentes d’une école à l’autre.

Premièrement, faites fonctionner le bouche à oreille autour de vous. C’est comme pour tout, ça fonctionne super bien.

Ensuite, jetez un oeil sur les doulas recommandées par les associations de doula de votre pays d’accueil. Pensez à “Dona International”, l’une des associations les plus imposantes parmis toutes celles qui existent. Et enfin, très souvent, les centres de naissances, les maternités, les gynécologues eux-même peuvent avoir de bonnes références à vous transmettre.

Les doulas prennent donc un rôle de plus en plus important auprès des mamans qui ont un projet de maternité. Elles sont de mieux en mieux formées (regroupées en association de plus en plus organisé). Elles pourraient être reconnues un jour par les différents système de santé. En attendant cela, soyez précurseuse et n’hésitez pas à faire appel à leurs services.

Caroline de Ville, spécialisée dans l’accompagnement des (futures) mamans qui souhaitent un allaitement doux et serein, médecin généraliste spécialisée dans la petite enfance et certifié comme conseillère en allaitement par l’IBCLC.

www.auseinendouceur.com

https://www.facebook.com/auseinendouceur/

 

 

 

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