Psy

Recréer des amitiés quand on change de planète…

LePetitPrince
« Il était une fois un petit prince qui habitait une planète à peine plus grande que lui et qui avait besoin d’un ami. »

Antoine de Saint Exupéry

 

Tout le monde se souvient de la belle histoire du Petit Prince. Ce Petit Prince un peu seul et perdu ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un ? Sans aucun doute, votre petit expat fraîchement arrivé dans son nouveau pays ! En effet, lui aussi a bien besoin de se trouver un ami. C’est même l’un des plus grands challenges qu’il rencontre en vous suivant en expatriation : quitter ses copains et s’en faire des nouveaux ! Pour certains enfants cela semble facile, alors que pour d’autres, cela ressemble davantage à un parcours du combattant. De nombreux paramètres rentrent en jeu : la personnalité de votre enfant, l’école qu’il intègre, le groupe d’enfants déjà présent lorsqu’il arrive, ou encore le changement de langue de communication avec ses camarades.

Les premiers jours, si votre enfant rentre de l’école en se plaignant de ne pas avoir de copains, c’est plutôt normal ! Il est encore dans la phase de deuil de sa vie d’avant et ses copains qui faisaient partie de son quotidien ne sont plus là. Il se retrouve alors perdu sur cette nouvelle planète où tous les autres enfants sont « nuls et bizarres »!

Dans l’apprentissage de nouvelles amitiés, votre enfant a besoin de votre aide mais il a également besoin de développer ses propres ressources qui lui permettront de se sentir “aimable ” (être aimé) et capable de nouvelles relations.

 

1- Gardez le lien avec ses racines

On a souvent l’envie de se lancer à corps perdu dans sa nouvelle vie pour vite s’adapter et vite se faire des amis mais il est important de ne pas faire table-rase du passé ! N’oubliez pas que votre enfant a quitté ses copains, ses grands parents, ses cousins… Aidez le à garder le lien avec eux, cela le rassurera et ne sera que plus vivifiant et sécurisant dans sa nouvelle vie.

Proposez lui souvent d’organiser des échanges téléphoniques ou video avec vos proches, même si le décalage horaire est compliqué (prenez alors rendez-vous!).  Créez les opportunités de ces échanges car une fois dans son quotidien, votre enfant aura tendance à se laisser happer par son nouvel environnement et à mobiliser toute son énergie pour s’adapter. Il est d’autant plus important de lui permettre ces temps de pause qui lui permettront de se reconnecter à ses racines.

 

2- Ecoutez ses difficultés

Votre enfant est-il timide? A-t-il peur du jugement? Se sent-il différent?

S’il se plaint de ne pas avoir d’amis, essayez de comprendre ce qui est difficile pour lui. S’intégrer à un groupe d’enfants qui parfois se connaissent depuis longtemps, quel défi !

En fonction de son école (française, internationale ou locale), il est important de repérer si votre enfant fait partie d’une « minorité », et ce qui est facilitant ou non pour son intégration.

Une petite fille de CM1 qui, quelques semaines après son arrivée, alors qu’elle avait un coup de blues, a confié à sa mère : « Vraiment, tu ne comprends rien, je suis la seule franco-française de ma classe, je me sens seule ». Cette situation renvoyait à cette enfant un sentiment d’exclusion que cette Maman n’aurait jamais deviné par elle-même.

Mieux que quiconque vous connaissez votre enfant, vous saurez donc repérer des signes d’alerte. Sans s’inquiéter de trop, il est important d’être attentif!

 

3- Comprenez son environnement à l’école

En tant que parents, connaître l’environnement de votre enfant vous permettra de répondre du mieux possible à ses besoins. Si cela est possible, essayez donc de passer un peu de temps le matin ou à la sortie de l’école pour repérer les enfants de la classe du vôtre ou voir un peu la dynamique ou l’environnement qui règne dans sa cour de récré.

Si cela est compliqué pour vous, demandez à la maîtresse ce qu’elle observe. ll est souvent intéressant d’avoir un regard extérieur, ce qui permet de mieux comprendre ce qu’il se passe et aussi de repérer s’il y a réellement lieu de s’inquiéter.

Vous pouvez lui demander comment ca se passe avec les copains dans la classe?  Joue-t-il avec les autres dans la cour de récréation? Montre-t-il des signes de mal être? Ainsi des éléments de réalité constitueront une base pour discuter avec votre enfant à partir de faits et de situations concrètes.

 

4- Evaluez les difficultés de communication liées à la langue

Si votre enfant est scolarisé dans une école internationale pour la première fois, il n’est pas étonnant qu’il ait du mal à s’intégrer. Vérifiez avec son enseignant quelle est la langue de jeu la plus utilisée dans la cour de récréation et comment cela se passe dans la classe. Parlez-en aussi avec votre enfant, rassurez-le par rapport à ses éventuels sentiments d’infériorité et aidez-le à progresser dans la nouvelle langue.

S’il n’arrive pas à s’exprimer auprès de ses (futurs) nouveaux amis, passer par le jeu peut être une bonne manière de briser la glace:  une bonne partie de foot peut rapprocher des petits garçons de toutes les nationalités du monde!

S’il a intégré une école locale et qu’il n’en parle pas encore la langue, aidez-le en parallèle à découvrir l’univers qui est celui des enfants de sa classe.  A quoi jouent les enfants de ce pays, qui sont leurs héros, que font-ils le week-end ? Avant même de penser à le faire devenir bilingue, découvrez avec lui le dessin animé local dont toute l’école parle, apprenez en famille le nom des joueurs de l’équipe de foot de votre ville ou écoutez ensemble les tubes des chanteurs à la mode dans ce pays. Cela l’aidera à être moins perdu dans les jeux et les conversations.

 

5- Invitez un ami à la maison

Le groupe des copains, c’est impressionnant ! Votre enfant peut se sentir un peu noyé au milieu de cette ribambelle d’enfants ! Il est souvent très utile et rassurant d’inviter un copain à la maison, pour jouer en tête-à-tête. Ils pourront alors partager des moments plus personnels, dans un environnement différent de l’école et apprendre à se connaître vraiment, à s’apprivoiser…

Ainsi, votre enfant pourra reprendre confiance dans sa capacité à créer des liens. Quand ils se retrouveront à l’école, votre enfant se sentira mieux intégré et pourra s’appuyer sur ces moments d’exclusivité passés avec son copain à la maison.

 

5- Valoriser la différence et les découvertes

Partir à l’étranger, c’est découvrir ce qui est différent. Comme le petit Prince, notre petit citoyen du monde va apprendre plus que d’autres à vivre dans la multiculturalité. Déstabilisant au début, cela peut évidemment l’enrichir une fois la sécurité retrouvée.  Vous pouvez évidemment en faire un dialogue et un débat pour permettre à votre enfant d’exprimer son ressenti.

 

“J’ai des amis à connaître et des choses à découvrir”

Antoine de saint Exupéry

Adélaïde Lefèvre, psychologue clinicienne (Psychoprat’ Paris). Plus de dix ans d’exercice en Europe et en Asie auprès des enfants et familles expatriés.

Contact: adel_lefevre@hotmail.com

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