Santé & développement

Petits expatriés stressés… on se détend !

expatriation stress enfant

Si s’expatrier est très excitant, cela provoque également énormément de stress. En première ligne, les parents, qui doivent gérer des montagnes de logistique, s’adapter au choc culturel et veiller à ce que leurs enfants s’acclimatent en douceur. En deuxième ligne, ces enfants sur qui l’on veille et que l’on croit si facilement adaptables. Eux aussi, ils peuvent être touchés de plein fouet par ce stress de l’expatriation, notamment dans les premiers mois dans un nouveau pays. Comment les aider ?

 

Quelles répercussions du stress sur notre organisme ?

Quand on pense ‘’stress’’, on pense principalement à des situations négatives (décès d’un proche, maladie, embouteillages, pollution, difficultés de travail, changement,…). Mais le stress peut aussi être généré par du positif comme les vacances, le mariage ou les naissances. L’expatriation, mélange d’expériences enthousiasmantes et de petites et grosses galères, est donc un terreau extrêmement propice au stress.

De façon biologique, le stress crée une réponse hormonale qui engendre plusieurs réactions : un cœur qui bat plus vite, un système digestif inactif, une pression artérielle et un taux de glucose dans le sang plus élevés. Ces réactions procurent au corps une énergie décuplée qui nous permet de faire face au danger dans des périodes intenses, comme lors d’une compétition sportive. Le stress enclenche un mode de survie : se battre ou fuir.

Notre corps sait retourner dans son équilibre premier quand le stress se limite à une période limitée. Il n’est alors pas mauvais. Mais si la période de stress se prolonge, ce stress peut provoquer de sévère dommages sur notre organisme. Pour l’adulte cela pourra se traduire par un diabète de type 2, de l’hypertension, des problèmes cardiaques, Alzheimer, des cancers…

 

Le stress chez l’enfant

Quand une famille déménage, et plus encore s’expatrie, les parents doivent d’abord apprendre à gérer leur propre stress. Concernant leurs enfants, ils vont se rassurer des sempiternels “Un enfant ça s’adapte !”, “C’est plus facile a leur âge !”, “Ils ont une chance énorme, les ingrats…” Bref, l’enfant n’a pas le droit d’être stressé.

Il est vrai que son jeune corps peut supporter un peu plus que celui d’un adulte mais les risques n’en sont pas moindres, et au final le stress peut provoquer de sérieux dommages.

Pour l’enfant qui est en pleine croissance le stress aura un impact sur le développement du cerveau, les problèmes d’hyper-activité seront plus importants, les troubles digestifs seront courants. Le système digestif étant inactivé pendant les périodes de stress, il est donc plus difficile d’absorber les nutriments nécessaires à la croissance et indispensables au retour au calme.

Le stress provoque également une consommation d’énergie intense. Ce processus, appeler cycle de Krebs, qui fournit l’énergie à notre corps va utiliser nos réserves de minéraux, notamment de magnésium, et de vitamines B tout en créant des radicaux libres qui seront cause d’inflammation, en particulier du système nerveux.

Tout ces bouleversements se résumeront par un déséquilibre nutritionnel et psychologique, qui, s’il n’est pas pris au sérieux peut avoir des conséquences pour le futur de l’enfant.

 

Lutter contre le stress de l’enfant

Il y a plusieurs angles pour attaquer le stress. D’abord, le psychologique. En premier lieu, il est indispensable d’instaurer une communication saine avec votre enfant et de l’encourager à parler avec vous de la façon dont il vit son expatriation. Et ce, depuis le jour où vous le lui annoncez. Poussez-le toujours à vous poser toutes les questions qui le tracassent, sans jamais rire de ses (petites) angoisses ou les minimiser. Soyez prête à tous les types de questions depuis « Est ce que le Père Noël existe la ou on va ? Et comment saura-t-il nous trouver ? », à « Est-ce qu’on va emmener les jouets ? » en passant par « Gaspard, il pourra quand-même venir à mon anniversaire ? ». Répondez-lui toujours le plus honnêtement possible. Ne laissez pas planer de doutes ou de fausses illusions dans son esprit. Si vous mettez 12.000 kilomètres entre votre enfant et Gaspard, non, Gaspard ne pourra pas venir à son anniversaire. Mais vous pouvez proposer à votre enfant d’organiser un Skype avec lui ce jour là.

Pourquoi ne pas découvrir le sport national du pays d’accueil ? C’est une manière de s’intégrer tout en ayant un impact positif sur la santé. En effet, le sport contribue à la création d’endorphines, ces neuropeptides qui créent un effet de bien-être. Le processus chimique d’un cerveau heureux !

Savez-vous également que le yoga est une activité très ludique pour les enfants et qu’il a des effets incroyablement bénéfiques sur leur développement ? Le yoga libère des endorphines et canalise les hormones du stress. S’ils commencent tôt, et avec un bon professeur, les enfants pourront réaliser des poses, comme le corbeau, qui rendront jalouses toutes vos copines yogi qui transpirent sur leur tapis depuis des années !

Il en est de même pour la méditation. On ne parle pas de devenir le nouveau guru du Gange a Varanasi mais l’apprentissage de techniques de respiration peut considérablement aider les enfants à gérer et contrôler leur stress. C’est incroyable de voir votre enfant de quatre ans venir vous voir quand vous commencez à crier et de vous dire: « Il est temps de respirer. Aller Maman, respire, 1, 2, 3, expire lentement… » sans se moquer mais parce qu’il sait pour l’avoir fait que c’est un anti stress efficace.

Avoir un animal de compagnie a un pouvoir apaisant reconnu scientifiquement. Mais attention, il y a beaucoup de pays où il est très compliqué, voire interdit, de faire venir un animal domestique. Si cela est possible, comptez très souvent que votre chat ou votre chien ne vous rejoindra que bien après vos premiers pas dans votre pays d’accueil. Si votre enfant est inséparable de son animal domestique, il faudra vous organiser très en avance, vous plier sûrement à des tas de formalités administratives, qui différent en fonction des pays. Bref, envoyer vote chat ou chien à l’étranger pourrait être une autre grande cause de stress pour vous, mais à l’arrivée, cela est peut-être un élément fondamental du bien être de votre famille.

 

Et finalement l’alimentation. Qui ne se jette pas sur le pot de glace, les biscuits, le chocolat en période de stress ? Ou au contraire plus d’appétit, l’estomac retourné… Il est indispensable d’apporter au corps les nutriments essentiels pendant les périodes de stress.

Le stress provoque une surproduction de radicaux libres, ces déchets du cycle de Krebs sont dangereux pour notre équilibre cellulaire, impliquant des inflammations dégénératives comme la cataracte, l’arthrite, les maladies nerveuses, les AVC et les cancers. Pour éviter les inflammations dues à ces molécules instables, il est essentiel de les éliminer grâce aux antioxydants comme la vitamine C, A, E ou la glutathionne qui ont pour cofacteur sélénium, cuivre, zinc et fer. Quel que soit le pays où l’on s’installe, il faut toujours réussir à manger beaucoup de fruits, de légumes verts, de noix, de fruits de mer. Si faire les courses au début et trouver les bons produits est un véritable challenge, commencez par suivre, vous et vos enfants, une cure de vitamine C et de zinc dans les premières semaines afin de ne pas subir de carences.

L’enfant a un grand besoin de vitamines B (produits de la mer, œufs, viandes, produits laitiers, noix et graines). Elles sont Indispensables pour le bon développement de son cerveau et de ses cellules sanguines. Là encore, un supplément peut être envisageable, d’autant que les vitamines B sont hydrosolubles, donc non toxiques car le corps les élimine tous les jours.

Il est donc indispensable de conserver une alimentation variée pour faire face aux périodes de stress. Si cela est trop compliqué, ne pas hésiter alors à compenser par un supplément recommander par un professionnel. En cas de grand stress, l’estomac ne fonctionnant pas très bien, il est conseillé de manger de petites quantités toutes les 2 ou 3 heures, ce qui évitera aussi un problème d’hypoglycémie.

 

Une journée type en période de stress pourrait être:

7h, petit déjeuner : flocon d’avoine avec des fruits rouges, du lait de vache ou de coco. Un agrume.

9h30, snack : des noix et une pomme (riche en sélénium)

12h, déjeuner : riz brun, 100 gr de poisson vapeur, une cuillère d’huile d’olive, des haricots verts. Une salade verte. 30 gr de fromage. Une banane.

16h, snack : humus et céleri en branche. Noisettes.

19h, diner : une soupe de poulet au quinoa avec choux vert, oignon, ail, herbes. Une crème vanille, faite maison.

Eviter les aliments crus qui causeront des troubles digestifs, réintroduire une alimentation générale une fois la période de stress passée.

 

Enfin, pour conclure sur une petite note écolo sans stress, une fois bien installés dans votre nouveau pays, apprenez à vous servir d’ingrédients locaux. Faites vos courses et pensez ensuite au menu et non l’inverse car il ne sera peut-être pas facile de trouver vos ingrédients de tous les jours (pas de pate feuilletée toute faite, de yaourt sans sucre, de farine spéciale brioche…). Apprenez les vertus des produits locaux comme l’excellent malunggay asiatique (petites feuilles vertes riche en A, B, et C, calcium, fer, potassium et protéines). Découvrez les fruits de votre pays d’accueil, leur graines et noix… N’oubliez pas que le petit paquet de graines de chia, d’une part va vous couter une petite fortune, et d’autre part aura certainement fait le tour de la planète avant de se retrouver sur l’étagère de votre supermarché.

Enfin, avant de partir, pratiquez en famille le fameux Breath in, Breath out. Ensemble, apprenez à gérer votre stress pour n’en garder que l’épice.

 

Hélène Dunlop

Nutritionniste accréditée en Australie auprès de ATMS (Australian Traditional-Medicine Society)

Diplômée en médecine nutritionnelle (ACNT : Australian Center for Natural Therapies, affilié à Charles Sturt University.)

Happy2feed: www.facebook.com/Happytwofeed/

Voici un tableau des vitamines B, leur source et leurs bienfaits: http://www.time-nutrition.com/blog/cat/outils-nutritionnels-blog-categorie/

 

livre enfant expatrié

Email this to someoneShare on FacebookTweet about this on Twitter
Heureux comme Ulysse

Le webzine des familles expatriées

Leave a Response