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A l’étranger, comment consulter un psychologue pour enfants ?

enfant expatrié deprime

Votre enfant traverse une mauvaise passe (stress, déprime, comportement difficile…) ou alors, vous soupçonnez chez lui des retards de développement, notamment en matière de langage. En France, en quelques coups de fil ou clics sur internet, vous auriez trouvé un spécialiste, orthophoniste ou psychologue pour enfants. Mais dans votre pays d’expatriation, cela a été vite vu : il n’y a pas de professionnel francophone dans ces domaines. Que faire alors ?

Si vous vous inquiétez, il faut agir. N’attendez pas les grandes vacances pour prendre un rendez-vous annuel chez un spécialiste en France, qui en plus, ne pourra pas assurer de suivi. Beaucoup de difficultés de langage prises en charge tôt se règlent sans problème. Également, quelques séances chez un psychologue peuvent désamorcer bien des problèmes.

Dans cet article, concentrons-nous sur le cas du psychologue.

Pour l’orthophoniste, voir ici.

 

Peut-on consulter un psychologue dans une langue qui n’est pas celle de l’enfant expatrié ?

Avant même de répondre à cette question, il faut prendre en compte qu’il n’y a pas que la langue qui peut poser problème. Un spécialiste non français aura forcément dans sa pratique une approche culturelle différente de la vôtre. Essayez donc de trouver un professionnel sensibilisé à l’approche transculturelle.

S’il y a des psychologues anglophones (ou autres) dans votre ville d’accueil, n’hésitez pas à consulter même si vous n’êtes pas à l’aise dans leur langue. Si vous êtes inquiète pour votre enfant, vous préparerez votre rendez-vous dictionnaire à la main et arriverez très certainement à faire passer votre message.

Ensuite, tout dépendra de l’âge de votre enfant et, bien sûr, de son niveau de langue. S’il est petit, et déjà un peu exposé à la langue du thérapeute, les séances passant principalement par le jeu, il n’est pas nécessaire que votre enfant soit bilingue. Et s’il est plus grand et scolarisé dans une école internationale, sa langue ‘’de jeu’’ (celle qu’il utilise avec ses amis) a de bonnes chances d’être celle de son psychologue. Mettez de côté vos réticences à consulter en Anglais (ou autre). La bienveillance du thérapeute et votre confiance seront d’une grande aide. Et même si vous ne comprenez rien aux échanges entre lui et votre enfant, leurs rendez-vous pourront s’avérer être tout aussi efficaces que si vous aviez pu vous adresser à un professionnel francophone. Préparez à l’avance le rendez-vous avec le vocabulaire et les idées qui vous semblent importantes. Notez les remarques du spécialiste ou demandez-lui un compte rendu écrit que vous pourrez ensuite lire au calme chez vous.

Si vous emmenez votre enfant déjà un peu grand consulter un psychologue, il est essentiel qu’il ait accepté l’idée en amont non seulement d’aller ‘’’parler à quelqu’un’’ mais également de s’exprimer lors des séances autrement qu’en Français. Vous ne pourrez jamais le forcer à se livrer sur ses difficultés, qui plus est dans une langue qui n’est pas la sienne. Mais en expatriation, il ne faut pas avoir peur de sortir des terrains connus et essayer de nouvelles manières de faire, l’important est que vous vous sentiez en confiance, la relation avec le thérapeute se passe bien et que votre enfant soit aidé s’il en a besoin.

 

La solution des consultations en ligne, via Skype

Voilà une pratique qui se répand énormément parmi les coachs et les psychologues pour adultes (certains sont même particulièrement formés à cette approche thérapeutique par Skype). Peut-on consulter en ligne pour un enfant ?

Beaucoup de professionnels semblent penser qu’avant l’âge de 7-10 ans, les séances n’auraient que peu d’intérêt. D’une part car un tout petit ne va pas rester assis sagement devant l’ordinateur à échanger avec un adulte pendant une demi-heure, et d’autre part car une très grande partie de la prise en charge passe par le jeu et le contact humain.

Sachez que si vous souhaitez consulter pour un enfant de moins de 3 ans, le psychologue propose en général des entretiens familiaux pour essayer de comprendre les difficultés. Les enfants à cet âge là sont encore très fusionnels avec leur environnement et leurs symptômes peuvent être liés aux angoisses de leurs parents. Vous pouvez donc initier un accompagnement individuel entre vous et le spécialiste via Skype pour lui parler de votre enfant.

Puis, entre 3 et 7 ans, mieux vaut privilégier le contact direct étant donné que le jeu est l’outil privilégié du thérapeute. Mais vers 6-7 ans, si vous venez de déménager, que votre enfant était déjà suivi et qu’une bonne complicité est déjà établie entre lui et son thérapeute, vous pouvez essayer de maintenir la relation et les séances.

Entre 7 et 10 ans, la mise en place d’un suivi Skype reste complexe. Cependant si votre enfant est réceptif et que le problème à régler n’est pas trop lourd, vous pouvez essayer. Nos enfants sont beaucoup plus à l’aise avec les écrans que nous ! L’idéal étant malgré tout d’avoir un contact direct avec le thérapeute à un moment du suivi, lors d’un retour en France par exemple.

C’est donc à partir de 10 ans que l’on peut commencer réellement à mettre en place un suivi via Skype. Là aussi, il est bon de planifier une vraie rencontre avec le thérapeute lors de vacances en France. A l’adolescence, on peut même gérer des séances de relaxation à distance !

Dans tous les cas, un suivi via Skype doit être envisagé aussi sérieusement que des rendez-vous en cabinet. En tant que parents, il est important de préserver le cadre des séances et de respecter la confidentialité. Votre enfant doit être dans un endroit calme et isolé, sans risqué d’être déranger. Il faut préciser qu’un suivi Skype n’est pas une thérapie, mais peut constituer une aide précieuse à un moment difficile.

Dans tous les cas – dans une langue étrangère ou en ligne -, ne sous-estimez pas les possibles bienfaits d’un premier rendez-vous, juste entre le parent et le thérapeute. S’ouvrir à un tiers des difficultés de son enfant, et donc de sa vision de lui, de sa relation à lui, des dynamiques internes de la famille, est souvent un premier pas vers un apaisement des tensions.

Dans le prochain article : l’orthophoniste

 

Mathilde Paterson

Contact: mathilde@heureuxcommeulysse.com

Adélaïde Lefèvre, psychologue clinicienne (Psychoprat’ Paris). Plus de dix ans d’exercice en Europe et en Asie auprès des enfants et familles expatriés.

Contact: adel_lefevre@hotmail.com

 

 

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