Vivre ailleurs

Le guide du parent expat… à la cool en Thaïlande

Bangkok enfant expat

Alors que Clara nous dévoilait les délices du parenting à l’américaine, assortis de leur (gros) lot de stress, on parente plus sereinement sous d’autres cieux, parfois très exotiques. Car le parent expatrié n’est pas égal en droits et libertés quand il s’agit d’élever ses enfants. En Thaïlande, par exemple, on parente à la cool, il faut bien le dire. C’est qu’on y parente avec beaucoup d’aide et beaucoup, beaucoup (trop) de bienveillance.

 

Postulat de base

Pour les Thaïlandais, un enfant qui saute sur son siège en avion, qui s’agite dans un restaurant ou qui pousse des hurlements de joie en se jetant dans la piscine, c’est normal et surtout, c’est mignon. Un enfant qui se goinfre de brochettes de poulet dans la rue, à toute heure du jour ou de la nuit, là aussi, pas de soucis. Et un enfant qui se balade en pyjama Dorémon ou en déguisement de Batman toute la journée, là encore, pas de quoi choquer. Pourquoi donc vous embarrasser à essayer de le discipliner, laissez-le vivre, ce n’est qu’un enfant si mignoooon… En Thaïlande, la vie d’un jeune enfant n’est que jeux et desiderata.

 

C’est la fête à la maison

Le parent expatrié en Thaïlande a la grande chance de pouvoir recourir (s’il le souhaite, mais qui ne le souhaiterait pas ??) aux services d’une nanny, celle-ci pouvant même habiter sur place. Bien sûr, chacun explique à qui veut bien l’entendre que la nanny n’est là que pour aider, qu’elle s’occupe surtout des tâches ménagères, et que bien entendu, il ne délègue en rien l’éducation de ses jeunes enfants. Bon, on peut le croire, ou non. Le petit expat passe donc une bonne partie de son temps avec sa nanny. C’est la liberté pour les parents, et c’est la liberté totale pour le petit tyran domestique qui ne se fait jamais jamais gronder, puisque sa nanny le trouve si mignon.

 

Et c’est la fête à l’extérieur

En Thaïlande, aujourd’hui encore et même dans les grandes villes, les parents n’élèvent pas leurs enfants seuls. Les grands-parents, les oncles et tantes, les voisins, les nannys pour les Thaïlandais aisés, sont mis à contribution. Ils sont autant de petits soldats au service du jeune parent. Mais bon, comprenez-les : puisqu’on ne dit pas vraiment non aux enfants ici, mieux veut se partager leurs caprices et la place qu’ils prennent. Parents expatriés, même si vous en vous êtes pas installés avec votre famille élargie, vous aussi, vous serez aidés.

 

Le bonheur de faire ses courses

En Thaïlande, quelle joie d’emmener ses enfants faire du shopping ou le supermarché de la semaine !

Tout repose sur la règle thaïlandaise du « 1 produit = 5 vendeurs ». Cinq vendeurs qui n’ont parfois pas grand chose de mieux à faire que de se curer les ongles, s’enlever les points noirs ou faire, encore et encore, des selfies; tout cela judicieusement cachés derrière la caisse enregistreuse par exemple, ou derrière un cintre. Si l’on combine cette règle avec celle selon laquelle « Un enfant, c’est trop mignon », vous comprendrez aisément qu’en Thaïlande, on peut faire ses courses en paix ! Laissez votre progéniture déambuler tranquillement dans les rayons et jouer avec les 15 vendeurs des environs. S’il y a un agent de la sécurité dans le coin, c’est le jackpot. Les agents de sécurité sont les meilleurs amis des enfants, peut-être car ils s’ennuient encore plus que les vendeurs. Et quand on sait qu’ils ont tous des casquettes de policiers et des talkies-walkies, et qu’ils sont très prêteurs, vous imaginez comme vous pouvez avoir la paix.

 

Les joies du restaurant

Là encore, on va vous aider. Si vous avez la flemme d’attacher sa serviette à votre enfant, quelqu’un le fera pour vous. Si son plat se fait attendre, pas la peine d’essayer de l’occuper vous-même. A distance respective pour ne pas gêner votre quiétude, les hordes de serveurs aux alentours sont déjà tous bien occupés à jouer a Peekaboo avec lui ou à lui faire des tours de magie avec les serviettes des autres tables.

Et si votre petit a terminé son assiette et qu’il s’impatiente, il passera de bras en bras pour que vous puissiez finir votre déjeuner. On l’emmènera jouer en cuisine et en faire profiter ceux qui ne sont pas en salle. Au passage, il pourra y manger tout ce qu’il voudra. N’oubliez pas de le reprendre en partant.

 

Dans les transports en commun

Comme dans beaucoup de pays du monde, dans les rames de métro en Thaïlande, il y a des panneaux ‘’priorité aux femmes enceintes’’. Et comme dans tous les pays du monde, quand vous y montez enceinte de 7, 8 ou 9 mois, tout le monde regarde ses pieds ou son smartphone.

Revenez vous venger dès la sortie de la maternité car là, oh merveille, on se battra pour donner sa place à votre charmant bambin. Et ça va marcher pour quelques années. Quand vous passez les portes du métro avec votre marmaille, tout le monde se lève afin que ces petits êtres fragiles puissent s’asseoir. C’est qu’ils sont tellement mignons, il ne faudrait pas trop qu’il se fatiguent. Tout cela part d’une charmante attention, mais a-t-on déjà vu un enfant de 3-4 ans (un des miens par exemple) préférer dire merci à la dame et s’asseoir sagement, plutôt que de faire le cochon pendu aux poignets du métro ou du pole-dance avec les barres ?

La bonne chose c’est que le gentil Thaïlandais qui regardait son smartphone quand vous peiniez avec vos 18 kilos de surpoids, par 45 degrés, il y a quelques temps, n’osera pas reprendre sa place inoccupée. Elle vous tend donc les bras.

 

Au royaumes des selfies

Vraiment, où que vous soyez, si votre enfant est un tant soit peu mignon, on s’occupera de lui pour vous, notamment en le prenant en photo. Car, comme le touriste en vadrouille aime à photographier les petits enfants locaux (ils sont si mignons), le Bangkokien chez lui aime à photographier le petit expat qui se balade sous son nez. Comme pour les touristes photographes, il y a ceux qui demandent poliment si ça ne dérange pas et ceux qui ne s’embarrassent pas de la moindre question. On mitraille donc votre enfant sans scrupules, en n’hésitant pas, par exemple, à le réveiller pour les besoins d’un cliché s’il dormait tranquillement dans sa poussette.

On peut même aller plus loin. Mais alors que le touriste baroudeur cherche à prendre des photos naturelles du petit local dans son bel environnement, ambiance National Geography, et à faire croire que non, ce n’était pas un lieu touristique ; le Thaïlandais aime à être sur la photo avec votre enfant et à lui faire prendre la pose. La même que lui, celle qu’il a décidé et qu’il travaille sérieusement tout en s’accrochant à sa perche à selfie. Là, si vous voulez que ça se passe bien, il vous faut avoir un enfant peu farouche, très collaboratif et patient. L’essentiel étant qu’il sourit beaucoup et qu’il aime faire des cœurs avec ses doigts. Sinon, les choses peuvent se corser. Et là, le charme du si mignon petit expat sera rompu…

 

C’est que la quiétude du parent expatrié en Thaïlande est conditionnée à la bonne volonté de ses enfants et qu’elle n’est pas éternelle. Ce parent qui se la coule douce devrait, hélas, prendre garde au retour de bâton… Ça débute à la sortie de la mini enfance quand le joli petit blondinet qui acceptait dans la rue des brochettes offertes par n’importe qui commence à ne plus supporter qu’on lui caresse les cheveux, qu’on lui pince ses grosses joues de bébé, que des bras étrangers le serrent contre lui pour le dixième selfie de la journée ou qu’on lui crie dans les oreilles « Narak, narak* »… S’il devient boudeur ou agressif avec le Thaïlandais qui l’approche, stupéfaction dans le regard et honte sur vous ! Alors là, c’est la fin, votre petit expat descend de son piédestal, et vous avec. Plus d’aide à l’extérieur, plus de passe-droit. Vous allez devoir vous coltiner votre enfant seul, reprendre son éducation en main. Et quand on sait que depuis sa naissance, sa nanny ne lui a jamais dit non… bon courage !

 

 

* Mignon, mignon

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