Famille

Parents expatriés: et si on arrêtait d’en faire faire trop à nos enfants ?

Nos vœux 2018 pour toutes les familles expatriées : une année de bonheurs tout simples !

Voici venu le mois de janvier et son lot de bonnes résolutions. Comme tous les ans, on pense à tout ce qu’on pourrait faire (ou devrait faire) cette année. Souvent, ça s’articule autour de “faire mieux” ou “faire plus”. C’est qu’on a de l’ambition. De l’ambition pour nous, et pour nos enfants.

 

Cette année, notre aîné aura 5 ans, c’est le moment de l’inscrire à des cours de Mandarin (on est même un peu en retard), et sa petite sœur, du haut de ses presque 3 ans, aura l’âge idéal pour commencer le piano (là, on ne va pas louper le coche, après ce sera trop tard). Comme il ne nous reste que deux ans à passer en Asie, il faut aussi préparer un beau voyage familial en Birmanie, ça va ouvrir l’esprit des enfants. Et aller tous ensemble à Disneyland Hong Kong, c’est obligatoire. Ce serait bien également d’organiser un week-end baptême de plongée pour tout le monde, c’est une expérience inratable. Puis, il ne faudra pas oublier la rando à dos d’éléphants, ce n’est pas de retour en France qu’on pourra faire ça. Enfin, surtout ne pas rater la réinscription des enfants au yoga, au taekwondo et à la natation.

Si on fait tout ça, c’est pour le bien des enfants. Il y a des choses qui s’apprennent tellement plus facilement quand on est jeune. Et des expériences qui, même s’ils ne s’en souviendront pas en grandissant, sont formatrices pour eux. Il y a des choses qu’on leur ferait tout autant faire si on vivait en France, et (beaucoup ?) d’autres qu’on ajoute à la liste car on vit à l’étranger. Et qu’il faut en profiter.

Mais est-ce que c’est ça, vraiment, le but d’une expatriation avec ses enfants ? En profiter le plus possible, leur faire découvrir tout ce qui est à leur portée, les sensibiliser à des nouvelles choses, leur faire engranger des souvenirs, des expériences, des compétences ?

Et si, cette année, on regardait notre vie familiale à l’étranger comme une vie normale ? Mais juste ailleurs ? Si, un petit peu, juste par moments, on faisait abstraction du pays qui nous entoure ? Si on regardait les choses à la hauteur de nos enfants, sans projeter sur eux nos envies d’adultes ?

Est-ce que ce serait grave que notre petite fille de 6 ans n’aille pas nager avec les dauphins cette année ? Ou qu’elle n’aille pas visiter le Machu Picchu ? Même si l’année prochaine, ce sera trop tard.

Notre rôle de parent est d’éduquer nos enfants, de les aimer, de les accompagner dans leur découverte du monde, de les sécuriser. Et notre rôle de parent expatrié est-il si différent ? Quand on s’expatrie en famille, est-ce qu’on doit forcément ajouter à nos devoirs (déjà lourds) de parents une “obligation d’en faire plus” ? Le parent expatrié est-il condamné à se transformer en un “super-parent”, une mère tigre, un père surinvesti, un coach de petits polyglottes – voyageurs – cultivés – “citoyens responsables d’un monde globalisé” ?…

Et si on arrêtait un peu la surenchère? Si on faisait les choses plus simplement ? On pourrait laisser de la place dans nos vies d’expats à la “slow life”. Profiter de l’instant présent, goûter les joies toutes simples de la vie de famille. On pourrait juste avoir à cœur d’aimer nos enfants et de les voir s’épanouir, au mieux dans leurs baskets. On pourrait parfois les laisser s’ennuyer un peu (tout le monde prône ça en France!). On pourrait aussi décider de leur laisser tellement de choses à découvrir par eux-mêmes quand ils seront plus grands.

À vous tous, parents expatriés, on vous souhaite donc une magnifique année en famille. Une année remplie de câlins, de batailles d’eau et d’oreillers, de parties de petits chevaux, de cache-caches dans le jardin, de gâteaux au chocolat, de goûters en famille, de châteaux Playmobil, de déguisements de fées, d’après-midi Monopoly et de soirées pizzas… La même belle année (presque !) à vous tous, que vous viviez à New-York, Mexico, Luanda ou Tokyo !

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Tags : famillevoyage
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