Vivre ailleurs

Say Bonjour to the Lady : l’art du ‘’parenting’’ de New York à Paris

Expatriation New York

On le sait depuis longtemps, les Américains et les Français n’éduquent pas leurs enfants de la même manière. Installées à New-York depuis presque une dizaine d’années chacune, Pauline Mars et Florence Lévêque viennent de publier Say Bonjour to the Lady, un magnifique album qui illustre avec humour les différences culturelles entre les deux types d’éducation.

 

Réussir à faire d’un livre composé d’anecdotes sur l’éducation un objet élégant et raffiné n’est pas donné à tous. Magnifiquement illustré et mis en page, Say Bonjour to the Lady met en valeur les enfants et leurs parents bien sûr, mais également New-York et Paris. D’un trait fin et moderne, Pauline Lévêque sait retranscrire la beauté tranquille de Paris et l’énergie bouillonnante de New-York, faisant des deux villes des personnages à part entière du livre.

Mais si le livre est beau, il est surtout très drôle. A travers des dizaines d’anecdotes du quotidien, il se moque tout autant des travers des deux styles d’éducation, sans poser de jugement. Des playdates aux goûters d’anniversaires, des repas (bien sûr !) à la façon d’habiller les enfants, de leur parler ou de les occuper, c’est évident, les parents américains et les parents français ont des styles bien différents.

D’un côté, la mère de famille française, un peu guindée et intransigeante sur les bonnes manières, adepte du ‘’Non. Non. Non.’’ et de phrases toutes faites qui résonnent encore en nous :  ‘’Ne me parle pas comme ça, je ne suis pas ta copine. Tiens-toi droit. Dis Bonjour à la dame.’’.

De l’autre côté, la mère américaine, corps et âme dévouée à sa progéniture, terrifiée à l’idée de brider ses enfants, de leur poser la moindre interdiction afin de ne pas nuire à leur épanouissement personnel. Adepte du ‘’Good job honey. You’re amazing ! Whatever you want, sweetheart !’’.

Au-delà des anecdotes si parlantes que Florence et Pauline ont su relever, elles s’entendent pour dire que la plus grande différence entre les Américains et les Français est la place donnée à l’enfant au sein de la famille, et de la société : aux États-Unis, l’enfant est au centre de tout, la famille tourne autour de lui. En France, la tendance est inverse. C’est l’enfant qui s’adapte à la vie de ses parents.

Si les deux amies s’amusent des petites entorses qu’elles avouent faire parfois à ‘’l’éducation à la Française’’, Pauline appréciant particulièrement le côté plus relax de la vie des familles américaines, elles s’entendent sur un point, le plus important à leurs yeux : le respect du aux adultes. Alors que les petits Américains jouent parfois d’égal à égal avec les adultes, pour les deux Françaises, il est important que chacun reste à sa place.

Mais là encore, elles avouent chacune piocher un peu dans le modèle américain. Ayant toutes deux été élevées en France, dans un cadre plutôt classique, elles apprécient la manière dont la parole de l’enfant peut être valorisée aux États-Unis. « L’avis de notre fils (7 ans) compte beaucoup pour mon mari et moi-même. », explique Pauline. « Nous essayons de le laisser s’exprimer, de le laisser faire des choix et n’hésitons pas, quand cela nous semble bon, à organiser notre vie de famille en fonction de lui. Cela nous semble très bénéfique, pour lui et nous, qu’il s’implique dans nos décisions. Cela le valorise et le responsabilise. »

L’avis des enfants ?

Dans tout cela, qu’en pensent les principaux intéressés, les enfants ? Scolarisés dans une école bilingue où ils côtoient à part égale des petits Français et des petits Américains, les enfants de Florence sont presque aussi conscients que leur Maman des différences culturelles. Alors, ils savent s’adapter. Chez les Mamans françaises, on se tient à carreau (enfin, on essaie), chez les Mamans américaines, on se détend ! On s’en doute, si on leur demande vraiment leur avis (ce qui, donc, ne risque pas  d’arriver dans une famille française !), ils trouvent ça bien plus sympa d’être libres et de dicter leur loi. Vive les sleep-over chez les amis américains où on peut se servir tout seul dans le frigidaire, grignoter avachi devant la télé et s’endormir à pas d’heure avec son iPad sous l’oreiller.

Bon, finalement, c’est un peu comme de grandir en France, non ? C’est bien connu, c’est toujours tellement mieux chez les copains ! Mais en attendant, qui sont les plus élégants et les mieux élevés ? Les petits frenchies !

Merci qui ?

Merci Maman !

 

Say Bonjour To The Lady: parenting from Paris to New York
par Florence Mars et Pauline Lévêque
Editions Penguin Random House LLC.
En vente sur Amazon
25% des royalties sont reversés à Epic Foundation

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