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Préparer son suivi de grossesse à l’étranger

enceinte expatriation

Réinstaller confortablement toute sa famille dans un pays étranger est une source de stress et trouver le bon médecin ou spécialiste pour chacun en fait partie. Allons-nous tomber sur la bonne personne? Fonctionne-t-il comme dans notre pays? A-t-il l’habitude de travailler avec d’autres cultures? Allons-nous le comprendre?…

Alors, si vous êtes enceinte pour la première fois dans votre pays d’accueil, comment y trouver LE bon gynécologue-obstétricien et vous préparer pour votre premier rendez-vous de grossesse ?

 

Trouver LE bon gynécologue-obstétricien

Commencez par faire jouer votre réseau d’expats et le bouche à oreille. Ne prenez pas un mais plusieurs avis autour de vous. N’hésitez pas à demander aux jeunes Mamans fraîchement rencontrées dans quel hôpital elles ont accouché et le nom de leur obstétricien. En France, ce n’était peut-être pas un sujet que vous abordiez avec des quasi-inconnues mais dans une communauté de femmes expatriées, cela se fait! Toutes celles qui ont vécu des grossesses à l’étranger savent comme il est sécurisant de trouver le bon médecin dans un environnement qui n’est pas le sien.

Egalement, faites une recherche sur le site internet de votre consulat ou ambassade. Il n’est pas rare que ceux-ci renseignent des bonnes adresses de médecins.

Enfin, si dans votre ville, il existe des groupes d’échanges sur Facebook, en particulier des groupes de Mamans, vous y repérerez vite des noms d’obstétriciens particulièrement conseillés.

 

Préparez votre premier rendez-vous de suivi de grossesse

– Si vous attendez votre premier enfant, commencez par faire un tour sur les nombreux sites dédiés à la grossesse et aux jeunes mamans. Cela vous aidera à vous faire une idée des mois qui vous attendent et à vous familiariser avec les termes qui vont revenir dans les discussions. Une fois que vous les maîtriserez en Français, passez à leur traduction dans la langue que vous utiliserez avec votre docteur. Cela facilitera énormément vos échanges et évitera beaucoup d’incompréhensions. Vous pouvez vous préparer une petite liste bilingue à apporter lors de vos rendez-vous. S’il existe dans votre ville des gynécologues francophones, n’hésitez pas à aller les rencontrer mais rappelez-vous que parler Français n’est pas la compétence première qu’on attend d’un obstétricien le jour J.

– Puis, renseignez-vous sur les traditions liées à la naissance du pays dans lequel vous êtes et sur les pratiques actuelles. Ces traditions ou pratiques sont-elles compatibles avec vos convictions? Préparez-vous à des surprises! Alors que dans certains pays d’Afrique ou d’Amérique Latine, le placenta est enterré ou brulé pour protéger le bébé, dans les maisons de naissance aux USA, votre sage-femme pourrait vous proposer de l’encapsuler. Formidable cure de vitamines postnatales, vous pourrez ensuite l’avaler sous forme de gélules ou sous forme de petits morceaux congelés à mixer dans des smoothies.

Vérifiez particulièrement quels sont les taux de césariennes des hopitaux locaux (regardez hopital par hopital et non pas la moyenne du pays car ce taux peut varier beaucoup d’un hopital à l’autre). Allez voir sur les sites des maternités si elles offrent des préparations et accompagnements à la naissance? Si vous aurez la possibilité d’être suivie par une sage-femme ou un médecin expatrié ? Regardez quelle est leur position quant à l’allaitement et si elles proposent des cours de préparation.

Restez éventuellement en contact avec le gynécologue de votre pays d’origine comme référence. Vous pourrez par exemple lui poser vos questions par email ou profitez d’un retour au pays durant la grossesse pour prendre un rendez-vous pour vous assurer que tout soit ok.

– Enfin, utilisez les technologies actuelles. En effet, de plus en plus de professionnels proposent des suivis à distance. Pourquoi ne pas  vous faire suivre par skype par une sage femme qui pourra répondre à toutes vos questions, vous guider et vous rassurer durant votre grossesse? Faites tourner votre réseau d’expat international pour les trouver.

 

Les questions à poser lors du premier rendez-vous

Une fois vos recherches faites et votre premier rendez-vous booké, voici une série de questions que vous pouvez poser à votre docteur lors du premier rendez-vous. N’hésitez pas à les noter sur un papier pour éviter d’en oublier la moitié. Le but est de faire parler le praticien un maximum pour découvrir sa philosophie sur le suivi de grossesse et l’accouchement.

Attention toutefois, dans certains pays, les médecins n’ont pas pour habitude de discuter ouvertement avec leurs patients, voire tout simplement de répondre à leurs questions… Choisissez celles qui vous tiennent le plus à coeur et commencez par celles-là au cas où votre docteur ne soit pas très locace.

  • Quel est le calendrier d’un suivi de grossesse avec lui/elle?
  • Combien d’échographie fait-il? A quelles étapes?
  • Quel est son taux de césarienne?
  • Pratique-t-il l’épisiotomie? Vous préviendra-t-il dans ce cas? Est-il prêt à respecter votre avis?
  • Accepte-t-il que le papa assiste à l’accouchement?
  • Accepte-t-il que le papa participe à la sortie du bébé?
  • Le papa pourra-t-il couper le cordon s’il le souhaite?
  • La maternité où vous allez accoucher promeut-elle l’allaitement?
  • Pouvez-vous avoir un peau à peau non interrompu avec votre bébé juste après la délivrance?
  • Pouvez-vous avoir une baignoire ou un ballon pour vous aider au travail durant l’accouchement?
  • Pouvez-vous avoir une chambre privée?
  • Combien de temps gardent-ils les mères à l’hôpital après leur accouchement?
  • L’hôpital vous propose-t-il une préparation à l’accouchement, un cours sur l’allaitement et sur les soins postpartums?
  • L’hôpital travaille-t-il avec des sages femmes, pédiatres, doulas, conseillères en allaitements…?
  • Quel suivi à la maison auriez-vous après votre accouchement?

Evoquez l’épidurale avec lui. Si vous avez un avis tranché (que vous n’envisagiez pas une seconde d’accoucher sans péridurale ou le contraire), dites-le lui très clairement. Si vous n’en avez pas, faites-le parler pour comprendre sa position sur ce sujet important.

Beaucoup de questions peuvent également être posées sur le déroulement des césariennes dans cet hôpital (type d’anesthésie, présence ou non du père…).

Enfin, si ce n’est pas votre première grossesse et que vous avez par le passé subi une césarienne, demandez dès ce rendez-vous à l’obstétricien s’il est prêt à vous laisser accoucher naturellement si cette grossesse se passe bien. Certains pays ou certains docteurs refusent de procéder à des accouchements naturels après césarienne. Si votre docteur n’y est pas opposé, il faudra reparler par la suite régulièrement des conditions de cette naissance naturelle (en anglais, VBAC: natural birth after c-section).

 

Vous voila parée pour trouver le gynécologue-obstétricien de vos rêves et préparer le suivi de votre grossesse et votre accouchement à l’étranger. Dites-vous que d’autres l’on fait avant vous et qu’il y a toujours beaucoup à raconter sur un accouchement à l’étranger.

Gardez à la fois vos convictions et soyez ouverte à des choses différentes que les professionnels peuvent vous proposer. Par exemple, vous serez étonnée comme parfois des positions d’accouchement proposées par d’autres cultures sont beaucoup plus physiologique. Les préjugés sont très souvent paralysants et en les faisant tomber, vous vous sentirez de plus en plus à l’aise pour mettre au monde votre petit bout de vous.

 

Caroline de Ville, spécialisée dans l’accompagnement des (futures) mamans qui souhaitent un allaitement doux et serein, médecin généraliste spécialisée dans la petite enfance et certifié comme conseillère en allaitement par l’IBCLC.

www.auseinendouceur.com

https://www.facebook.com/auseinendouceur/

 

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2 Comments

  1. Tout à fait en accord avec ce billet, il est vraiment important de se renseigner très tôt dans la grossesse (et idéalement de préparer un birth-plan qui figurera dans son dossier médical, stipulant les choses que l’on veut et celles que l’on refuse absolument).
    Ne pas oublier de poser des questions que vous ne poseriez jamais en France, du type “est-ce que je peux donner le bain à mon bébé et le changer moi-même” (dans les hôpitaux internationaux en Chine, l’infirmière qui s’occupe de vous viendra spontanément le faire à votre place pour vous rendre service si vous n’indiquez pas clairement que vous voulez le faire vous-même. Autre pays, autres traditions de nursing post-partum…). L’idéal est un échange avec un professionnel qui a l’habitude de travailler dans l’hôpital où vous accoucherez ET qui a l’habitude d’accoucher des femmes occidentales (et donc de faire avec leurs habitudes).
    L’idéal pour toutes ces discussions étant évidemment de trouver une sage-femme plutôt (ou en plus d’) un gynéco (ils ont effectivement moins l’habitude de répondre longuement aux questions que les sages-femmes…).

    1. Merci Tara !! On sent l’expérience… 😉 Bientôt, on parlera des doulas, qui aident bien quand il n’y a pas de sages-femmes, comme en Thaïlande par exemple. A bientôt !

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